|
Ame, anima, animisme
Nous l'avons dit : les "religions" monothéistes qui, contrairement
à leur sens premier et fondamental, ne relient pas le croyant
au "réseau des esprits" et notamment du plus important d'entre
eux, et même créent une "solitude" du sujet seul et libre affaissé
sur ses perversions et ses limites, ont coulé la notion de l'âme
en faisant disparaître tout enseignement et toute réflexion sur
cette identité spirituelle du sujet. Ni l'Eglise, ni les christianismes,
ni les Islams ne proposent un enseignement sur l'être de l'âme
- l'identité même du sujet qui fait le fonds de son être ici et
maintenant et qui rend possible la perspective d'une vie par-delà
la mort du corps, l'éternité même. Et pourtant elles ont réussi
à récupérer pour leur image la notion de "spiritualité" et le
laisse comprendre et croire par de régulières mises en causes
manichéennes du "monde matériel" auxquels les sujets seraient
coupables de se soumettre, opposé au "monde spirituel" qui serait
leur espace naturel et bien connu, dont elles seraient les hérauts
et les gardiennes. Mais si ce "monde spirituel" existe bien, il
reste à comprendre pourquoi il existerait une telle division et
une telle séparation avec un "monde matériel" à côté du "monde
spirituel". Car il serait logique de penser et de déclarer qu'il
n'existe qu'un monde spirituel, unique, le monde des esprits humains,
si tant est que les sujets que nous formons, par-delà nos petites
différences, sont tellement semblables qu'ils forment un "réseau",
reliés les uns aux autres par les moyens de communications qui
sont les leurs - et dans ce cas, "l'âme", substrat et force de
ces moyens de communications est bien au cœur de ce "monde spirituel"
unique. Et pour les adeptes des croyances animistes pour lesquelles
toute chose "matérielle" quelle qu'elle soit baigne dans l'Esprit
de l'Univers ou représente même un esprit entier, autonome, cette
"séparation" est illusoire, mensongère, littéralement insensée.
Pourtant, "l'animisme" n'est pas considéré comme une religion
officielle et importante alors que les organisations institutionnelles
et institutionnalisées ont réussi à être considérées et présentées
comme telle. Les adeptes de l'omniprésence de l'esprit dans la
matière et le vivant ne bénéficient pas d'une organisation qui
incarne et mette en mouvement leurs "idées" alors que ceux qui
ont rejeté le véritable esprit dans l'au-delà le plus loin, Dieu
dans sa transcendance, sont organisés et mènent une propagande
fanatique pour leur Dieu absent, silencieux et contradictoire.
Pour les sceptiques athées ou pour les autruches des religions
monothéistes, que désigne l'âme ? ou encore l'anima ? ou encore
l'animisme ? Un souffle, un rêve, une illusion ? des superstitions
du passé ?
Car "l'âme" ne se voit pas, apparemment. Et ces "religions",
malgré leur nécessaire esthétique de "l'invisible", ont favorisé
le souci du palpable, à l'instar de ce Saint Thomas qui, pour
les catholiques, ne croît que ce qu'il voit ou que ce qu'il touche.
Mais est-il si sûr que "l'âme" ne se voit pas ? N'avons-nous pas
tellement la tête dans la lumière que nous ne voyons pas les illuminations
qui constituent et traversent notre conscience ? En Occident,
un certain autoproclamé "rationalisme" a recherché et recherche
passionnément encore à matérialiser les fonctions premières et
usuelles de l'esprit ou de la conscience pour les identifier aux
éléments neurologiques (1 et 2). Pour ces scientifiques, leurs
analyses paraissent portées par le sentiment de la bonne action,
la lutte contre une ancienne et inutile superstition, précisément
liée à ces "religions" dont ces esprits de science ont pu mesurer
la nocivité historique. Mais les conclusions de ces experts ne
concluent pas, définitivement et scientifiquement : il n'y a pas
de démonstration de l'inexistence de l'âme, comme de celle de
Dieu, mais rétorquent ces "amis de la Raison", il n'y en a pas
de son existence. Il s'agirait donc d'un objet pour lequel la
conscience qui est la nôtre serait dans l'impossibilité d'élaborer
la moindre argumentation probante. Et pour les sceptiques, une
première question se pose logiquement : l'origine de l'âme. Or
si cette question dépasse les capacités d'un entendement normal
et "rationnel" -l'origine même de la corporéité humaine dans ses
caractéristiques si surprenantes n'est toujours pas fournie non
plus par "la" science-, nous pouvons répondre à cette question
sur le plan de la "notion".
Car celle-ci n'a pas existé de toute éternité et n'a pas été
l'objet d'une réflexion ou d'une publicité universelles. En fait,
on peut identifier les régions au sein desquelles elle est apparue
et a fait l'objet d'un usage public dans l'Inde et la Grèce Antique,
qui l'ont légué à l'Occident avec "la philosophie", la pensée
grecque la plus originale et la plus puissante, avec Platon et
Socrate. Après la disparition de ces peuples qui lui ont donné
vie, après la mise sous tutelle des derniers grecs par les Romains,
l'âme sera renvoyée au Tombeau, avec l'avènement triomphant du
christianisme. 17 siècles après le triomphe de "l'organisation
de Jésus", l'âme s'y trouve toujours, en attendant d'être réveillée
par les fils du Soleil. Et la conscience historique de sa genèse
et son exploitation intellectuelles est une première étape nécessaire
et utile dans le réveil de l'âme sur l'âme. L'Inde antique représente
une région de la colonisation humaine au sein de laquelle la diversité
des peuples a favorisé la diversité des idées, des mouvements
et des confrontations. Hindou, nom donné aux habitants du delta
de l'Indus par les Perses au 5ème siècle après JC, est un terme
dérivé du mot sanskrit "sindhu", le "fleuve".
|
|

Salon du Livre : Rendez-vous avec l'auteur le Mercredi 26
Mars à 18H00 au Stand de Manuscrit.com pour la nouvelle
"Sans anges gardiens"
11 Septembre 2001... le livre :
Le
premier chapitre
consacré à une «nouvelle» Histoire
des Etats-Unis essaie donc de proposer un récit novateur
de cette Histoire afin de dépasser l'image caricaturale
de cette nation cosmopolite telle que les terroristes pouvaient
la ressentir et la décrier et telle que les Européens
et notamment les Français se complaisent à l 'pour
manifester leurs récriminations contre cette hyperpuissance
qu 'ils ne sont pas et qu 'ils auraient voulu être.
Le
second chapitre propose également une histoire
de l 'Arabie Saoudite, la terre natale de la majorité des
terroristes du 11 Septembre 2001, ainsi que du Prophète
vecteur du Coran. L 'appellation unique et récente d 'une
«Arabie Saoudite» masque une diversité et des
conflits que les Occidentaux ignorent bien souvent.

Le
troisième chapitre est consacré à
ce que l 'usage commun désigne sous le terme de «monothéisme»,
et ce dans ses deux versions les plus puissantes et les plus déterminantes
de l 'Histoire européenne et moyen-orientale, le catholicisme
d 'un côté et l 'Islam de l 'autre. Ce chapitre scindé
en deux est l 'occasion de reprendre ces parcours afin de désigner
des impulsions et des prises de décisions qui ne sont pas
assez connues, et qui, pour l 'Islam, aboutissent à créer
une situation originaire de pluralité, des courants, des
dogmes, contraires à l 'inspiration unitaire du Prophète.
Le
quatrième chapitre aborde la problématique
de l 'existence de Dieu face à celle des objets du polythéisme,
du paganisme et de l 'animisme, le pluriel des Dieux. Ce chapitre,
central, permet de commencer un renversement de la «propagande»
publicitaire monothéiste consacrée à la notion
de «religion» et même de monothéisme,
puisque preuve est donnée que le catholicisme et les Islams
relèvent en fait d 'un dualisme manichéen.

Le
cinquième chapitre est consacré aux
problématiques de la représentation et de la connaissance
de l 'âme, y compris à travers les manifestations
animistes ou les doctrines élaborées au sein des
civilisations animistes et polythéistes. Il s 'agit par
là de retrouver une notion archaïque complètement
et mystérieusement abandonnée par les dites «religions
historiques» pour tenter de refonder une «science
de l 'âme».

Le
sixième chapitre aborde les problèmes
concernant les décisions de sens de l 'Humanité,
et la situation générale d 'indécision dans
laquelle vivent la majorité des Occidentaux qui sont responsables
de cette liberté innovante et parfois perdue.
Pour conclure, cet ouvrage propose de s 'engager autant que possible
dans des réflexions profondes sur les affaires religieuses,
théologiques, politiques, philosophiques, à nouveau
frais. La Culture Historique peut et doit nous aider, mais nous
devons impérativement réarticuler de manière
novatrice les faits, les savoirs, les questionnements, dans le
cadre général d 'un objectif d 'unité du
genre humain. Pour cela, il est impératif de dépasser
les oppositions métaphysiques classiques, à l 'instar
du remarquable travail accompli par Peter
Sloterdijk dans la première Oeuvre de sa trilogie,
«Bulles» (Editions Pauvert).
Le site n 'a pas pour
objet de proposer uniquement des extraits de ce travail
en cours de publication, mais également de recevoir
vos textes concernant les domaines liés à ces attentats
et qui font l'objet d'analyses dans mon ouvrage, à savoir
«la» «religion», la foi, la croyance en
l'existence de Dieu, l'âme, les Islams, le Coran, l'Histoire
des Etats-Unis.
Pour publier vos textes, il vous suffit de me les adresser à
l'adresse mail ci-après en n'omettant pas de préciser
vos nom et prénom afin de vous les attribuer comme il se
doit.jeanchristophegrellety@ifrance.com
|