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L'Humanité indécise :
Quelle espèce étrange que celle à laquelle nous
appartenons ! Car si nous savons que nous existons et que nous
sommes quelque chose, nous ne savons pas ce que nous sommes !
Pour les animaux, la vie est, la mort est, brute, dans la continuité
de leur corps, de leurs regards. Nous, nous éprouvons le fait
qu'il y a de la vie - il y a quelque chose plutôt que rien, et
c'est le moins que l'on puisse dire… Face à l'Inconnu de ce que
je suis et de la nature réelle de l'Univers - apparence, formes
momentanées, ….-, toutes les sagesses répondent présentes et prétendent
précisément répondre; mais ces réponses peuvent être considérées
de manière dichotomique, soit parce qu'elles offrent à celui qui
s'interroge une image de lui-même -un tableau esthétique-, soit
qu'elle l'invite à faire l'expérience de ses forces pour déterminer
ce qu'il est -l'être se révèle par une vérification personnelle.
Mais il n'est pas sûr que toutes ces réponses, quelles qu'elles
soient, aient jamais apporté une seule "connaissance" réelle...
Par exemple, dans les bouddhismes, y a-t-il une connaissance de
soi de valeur universelle ? A moins que cette connaissance appartienne
plutôt à une psychologie des profondeurs par laquelle ces bouddhismes,
malgré l'inanité de leur "savoir", offriraient une connaissance
de ce type - sur l'esprit lui-même. Et à l'évidence, ces sagesses
se concurrencent et polémiquent les unes contre les autres. C'est
la guerre des "idées" pour habiter et déterminer les consciences
: il s'agit pour chaque sagesse de dominer (1) les esprits de
telle manière que la conscience répète des principes et propose
des réponses réflexes à toutes les questions possibles. Les sagesses
en question ne sont pas "démocrates" -elles déconseillent à l'auditeur
d'écouter les autres sagesses par le principe d'une vérité une.
Même le bouddhisme qui prône tant le "désintéressement" de soi
le prône : Bouddha et ses fidèles sont tellement attachés à la
vérité et à l'intérêt de leur être, le Nirvana, qu'il n'est pas
question pour eux de penser et de vivre autrement. Et, comme par
une magie mystérieuse, le Bouddha éprouve une si grande compassion
pour celles et ceux qui vivent dans l'illusion et n'ont pas le
sens de l'Etre, qu'il lui faut "enseigner la vérité". Derrière
les douceurs et les rondeurs apparentes, une grande dureté tient
le transi qui prie pour échapper au cycle des réincarnations.
Car le Bouddhisme propose une "représentation" du Cosmos, des
flux énergétiques de l'Univers, et le but du Jeu est de s'en exclure
définitivement. Car Ici n'est que le pays des souffrances et des
manques. Face à l'Inconnu que je suis, il semble que l'humain
réagisse de manière virulente en organisant le plus rapidement
possible un corpus de réponses, de "vérités" absolues par lesquelles
les mystères n'en sont plus, l'angoisse se tait, et l'Inconnu
prend visage. Et dans un tel cadre, il apparaît que la publicité
pour une sagesse est encore plus aisée et puissante si celle-ci
peut arguer qu'elle provient directement de l'Inconnu lui-même,
Dieu en personne, en somme qu'elle forme une "Révélation".
Pour ce point de vue de "l'origine qui parle", l'Occident
est une catastrophe puisque cet espace de sens rend possible la
"déconstruction" de toutes les sagesse et éventuellement leur
ruine. C'est ainsi que la théologie chrétienne, et par exemple
catholique, n'est plus en Occident qu'un fossile sans vie, alors
qu'elle fut l'objet des plus ardentes batailles intellectuelles
et sociales, l'objet et l'outil de l'examen et du contrôle des
consciences puisque celui ou celle qui s'avérait ignorant de la
vérité sacrée risquait la vie. L'Inquisition incarna de manière
extrême et tragique l'idéalisme de quelques-uns qui transformaient
des projections principielles, les dogmes, en vérités transcendantales
eues égard auxquelles chaque vie humaine n'était plus qu'une ombre,
une ombre jugée par ces vérités. Par la lente mise à l'écart de
l'Eglise catholique du pouvoir politique, ce qui servit à transfigurer
et à juger l'existence de chacun est devenu l'objet seul de la
curiosité archéologique des chercheurs en totalitarisme et l'objet
d'une adoration silencieuse des derniers dinosaures adeptes de
la "sainte Eglise catholique, apostolique et romaine". Car une
météorite exterminatrice des "Révélations" est tombée, pour être
désignée ici par le terme de "Raison", le Logos. C'est que les
"Révélations" lui appartiennent : "Paroles" de Dieu ou d'un tel,
de Jésus ou du Prophète, les leaders charismatiques de ces "Révélations"
ont avant tout parlé, et peu agi - et c'est bien le reproche des
Juifs à l'attention de celui que certains osent présenter comme
le Messie, le grand chef politique des Juifs que ceux-ci attendent.
Jésus parle. Jésus "agit" aussi : multiplier les pains pour ceux
qui ont faim, ce n'est pas rien ; changer de l'eau en vin à l'occasion
d'une fête, c'est plutôt bien vu de la part d'un invité ; réveiller
un mort, c'est beaucoup plus et extraordinaire. Mais Jésus est
arrêté et meurt, cloué sur une croix. Rideau, l'espoir est fini.
Mais les Chrétiens renversent l'histoire : ce parcours, cette
fin, étaient voulus, par Jésus et par Dieu pour "racheter les
péchés", "pour vaincre la mort". Si le chemin du Prophète de l'Islam
est pavé de conversions enthousiastes au fur et à mesure de son
engagement vers les Arabes, les premiers chrétiens trouvent porte
close, des maisons et des cœurs. Mais ils réussiront. Pourquoi
? Parce que ceux et celles qui ne gagnent rien, qui ne réussissent
pas, qui manquent de tout, sont heureux de savoir qu'un homme,
devenu depuis le Fils de Dieu, vivait au milieu d'eux, sans gêne,
avec un certain bonheur, et en plus pour leur permettre le fin
du fin, "les premiers seront les derniers" et inversement. Mais
cette vie, ces propos et ces gestes, sont des histoires. Premier
constat : ces Histoires, ce ne sont pas ces enfants qui les écoutent,
eux si propices à écouter et à croire aux histoires, mais des
hommes et des femmes, des adultes. Et ils y croient, pendant des
Siècles. Ces histoires emportent des décisions. Lesquelles : celles
qui concernent le rythme de vie, celles qui concernent les gestes
et les "rites", celles qui concernent l'usage des richesses, celles
qui concernent le rapport des générations, des hommes et des femmes,
des adultes avec les enfants.
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Salon du Livre : Rendez-vous avec l'auteur le Mercredi 26
Mars à 18H00 au Stand de Manuscrit.com pour la nouvelle
"Sans anges gardiens"
11 Septembre 2001... le livre :
Le
premier chapitre
consacré à une «nouvelle» Histoire
des Etats-Unis essaie donc de proposer un récit novateur
de cette Histoire afin de dépasser l'image caricaturale
de cette nation cosmopolite telle que les terroristes pouvaient
la ressentir et la décrier et telle que les Européens
et notamment les Français se complaisent à l 'pour
manifester leurs récriminations contre cette hyperpuissance
qu 'ils ne sont pas et qu 'ils auraient voulu être.
Le
second chapitre propose également une histoire
de l 'Arabie Saoudite, la terre natale de la majorité des
terroristes du 11 Septembre 2001, ainsi que du Prophète
vecteur du Coran. L 'appellation unique et récente d 'une
«Arabie Saoudite» masque une diversité et des
conflits que les Occidentaux ignorent bien souvent.

Le
troisième chapitre est consacré à
ce que l 'usage commun désigne sous le terme de «monothéisme»,
et ce dans ses deux versions les plus puissantes et les plus déterminantes
de l 'Histoire européenne et moyen-orientale, le catholicisme
d 'un côté et l 'Islam de l 'autre. Ce chapitre scindé
en deux est l 'occasion de reprendre ces parcours afin de désigner
des impulsions et des prises de décisions qui ne sont pas
assez connues, et qui, pour l 'Islam, aboutissent à créer
une situation originaire de pluralité, des courants, des
dogmes, contraires à l 'inspiration unitaire du Prophète.
Le
quatrième chapitre aborde la problématique
de l 'existence de Dieu face à celle des objets du polythéisme,
du paganisme et de l 'animisme, le pluriel des Dieux. Ce chapitre,
central, permet de commencer un renversement de la «propagande»
publicitaire monothéiste consacrée à la notion
de «religion» et même de monothéisme,
puisque preuve est donnée que le catholicisme et les Islams
relèvent en fait d 'un dualisme manichéen.

Le
cinquième chapitre est consacré aux
problématiques de la représentation et de la connaissance
de l 'âme, y compris à travers les manifestations
animistes ou les doctrines élaborées au sein des
civilisations animistes et polythéistes. Il s 'agit par
là de retrouver une notion archaïque complètement
et mystérieusement abandonnée par les dites «religions
historiques» pour tenter de refonder une «science
de l 'âme».

Le
sixième chapitre aborde les problèmes
concernant les décisions de sens de l 'Humanité,
et la situation générale d 'indécision dans
laquelle vivent la majorité des Occidentaux qui sont responsables
de cette liberté innovante et parfois perdue.
Pour conclure, cet ouvrage propose de s 'engager autant que possible
dans des réflexions profondes sur les affaires religieuses,
théologiques, politiques, philosophiques, à nouveau
frais. La Culture Historique peut et doit nous aider, mais nous
devons impérativement réarticuler de manière
novatrice les faits, les savoirs, les questionnements, dans le
cadre général d 'un objectif d 'unité du
genre humain. Pour cela, il est impératif de dépasser
les oppositions métaphysiques classiques, à l 'instar
du remarquable travail accompli par Peter
Sloterdijk dans la première Oeuvre de sa trilogie,
«Bulles» (Editions Pauvert).
Le site n 'a pas pour
objet de proposer uniquement des extraits de ce travail
en cours de publication, mais également de recevoir
vos textes concernant les domaines liés à ces attentats
et qui font l'objet d'analyses dans mon ouvrage, à savoir
«la» «religion», la foi, la croyance en
l'existence de Dieu, l'âme, les Islams, le Coran, l'Histoire
des Etats-Unis.
Pour publier vos textes, il vous suffit de me les adresser à
l'adresse mail ci-après en n'omettant pas de préciser
vos nom et prénom afin de vous les attribuer comme il se
doit.jeanchristophegrellety@ifrance.com
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