Dans son édition du 29-01 au 04-02-2004,
intitulé "Avoir 20 ans à Abidjan", Courrier
International
a publié un remarquable article, reproduit
ci-dessous. Il PROUVE que la perspective d'une paix au Proche-Orient
est parfaitement sensée et que des représentants
dignes des religions monothéistes peuvent être des
leaders pertinents et puissants de la construction de cette paix.
Les extrémistes ne peuvent donc continuer d'accaparer cette
Histoire et ces religions, qu'ils trahissent. L'inflexion du cours
de l'Histoire est donc possible. Elle attend ses artisans remarquables.
Moyen-Orient ISRAËL - PALESTINE
Les religieux ont eux aussi
leur vision de la paix
Au Caire, des religieux musulmans palestiniens et
deux rabbins israéliens ont tenté de trouver une solution au conflit
du Moyen-Orient. Façon de rappeler que les religieux ont aussi
leur mot à dire. HA'ARETZ Tel-Aviv
Du 12 au 15 janvier dernier, une conférence d'un
genre inhabituel a rassemblé au Caire 35 dignitaires religieux
de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie. Les participants étaient
les hôtes officiels de Muhammad Sayyid Tantawi, recteur de l'université
Al Azhar. Parmi les invités, on comptait le Gazaouite [de Gaza]
Imad el-Falouji, ancien cadre du Hamas et ancien ministre des
Communications de l'Autorité palestinienne (AP) ; l'Hébronite
[d'Hébron] Taysir el-Tamimi, responsable de la justice islamique
palestinienne ; et un autre Hébronite, le cheikh Talal Sidr, également
ancien ministre de l'AP. Les autres participants étaient des figures
connues du Waqf, ainsi que des prêcheurs attitrés du culte musulman
dans les Territoires. Le gouvernement israélien avait autorisé
les participants à se rendre au Caire, bien que certains soient
connus pour leurs vues extrémistes. Nul doute par ailleurs que
Yasser Arafat et ses adjoints aient soigneusement passé en revue
la liste des participants.
Si Israël a autorisé ces militants musulmans à faire
le voyage du Caire, c'est parce que cet événement s'inscrivait
en droite ligne dans la conférence d'Alexandrie, organisée en
janvier 2002 à l'initiative de l'archevêque anglican de Canterbury,
George Carey. Il y a deux ans, des invitations avaient été adressées
à des dirigeants juifs, musulmans et chrétiens de Terre sainte.
Etaient présents six patriarches chrétiens, le grand rabbin Eliahou
Bakshi Doron, le vice-ministre des Affaires étrangères [israélien]
de l'époque, Michaël Melchior, et des figures de premier plan
de l'islam palestinien. Le Premier ministre britannique, Tony
Blair, et le président égyptien, Hosni Moubarak, accréditèrent
officiellement cette conférence, qui accoucha de la "première
déclaration d'Alexandrie des chefs religieux de Terre sainte"
et dont le principal article déclarait : "Selon nos fois et
traditions, tuer des innocents au nom de Dieu est une profanation
de Son Nom. La violence en Terre sainte est un mal auquel doivent
s'opposer tous les gens de foi."
Après la clôture de la conférence d'Alexandrie,
certains sous-comités ont poursuivi leurs travaux et organisé
plusieurs réunions publiques, la dernière en date étant celle
qui s'est tenue il y a quelques jours au Caire. La participation
de deux invités israéliens, les rabbins Michaël Melchior et Menahem
Fruman (de la colonie de Tkoa), a donné un cachet particulier
à la rencontre du Caire. Le député (travailliste) Melchior s'y
est longuement entretenu avec les participants. "Le bain de sang
qui s'étend dans le monde entier, y compris notre pays, diffère
des guerres passées en ce sens qu'il ne découle pas seulement
de rivalités politiques et territoriales, mais aussi de conflits
ethniques et culturels dans lesquels la religion joue un rôle
déterminant." Selon lui, le fait que les dirigeants tendent à
négliger les dimensions religieuses du conflit israélo-arabe a
contribué à vicier le processus de paix.
Sous la législature d'Ehoud Barak, Michaël Melchior
avait suggéré qu'un dialogue judéo-musulman soit organisé. Mais,
en phase avec les dirigeants palestiniens, Barak avait rejeté
l'idée, estimant que s'attaquer aux questions religieuses ne ferait
qu'envenimer davantage la situation. Le rabbin Melchior rappelle
que, lorsqu'il assista, en 1994, à la remise du Nobel de la paix
à Yitzhak Rabin, Shimon Pérès et Yasser Arafat, il avait suggéré
à Marwan Kanafani, conseiller d'Arafat, de compléter le processus
de paix par un dialogue interreligieux. Kanafani avait répondu
: "La seule manière d'aborder la religion dans ce conflit, c'est
d'enfermer à double tour les cheikhs dans leurs mosquées, les
rabbins dans leurs synagogues et les prêtres dans leurs églises,
et de jeter les clés à la mer." L'ecclésiastique anglican, Andrew
White, collègue de Melchior dans un comité de suivi créé à la
conférence d'Alexandrie, ne dit pas autre chose. "Après tout,
c'est de la Terre sainte qu'il s'agit, et les rivalités religieuses
sont au coeur du conflit. Pourquoi donc avoir mandaté des laïcs
pour le traiter ?" demandait-il.
Le rabbin Melchior estime que la volonté de dignitaires
musulmans, y compris palestiniens, de participer à des événements
comme celui du Caire s'est accrue après les attentats du 11 septembre
2001. Dans le monde, nombreux sont les musulmans pieux à être
horrifiés par la folie meurtrière d'Al Qaida et à se montrer plus
enclins à participer à des rencontres interreligieuses, c'est-à-dire
à reconnaître la légitimité d'autres points de vue religieux.
Contrairement au choc des civilisations cher à Samuel Huntington,
le rabbin Melchior prédit, lui, une coalition des civilisations.
Durant cinq heures, le rabbin Melchior a dû affronter la colère
et les violentes critiques de la part de ses homologues palestiniens.
Ces personnalités se sentent humiliées et frustrées par les actions
israéliennes, explique Melchior, et elles s'expriment en dirigeants
de communautés religieuses furieuses et désespérées.
Un défi important est que le processus de paix est
vu [par les croyants des deux parties] comme un vulgaire dérivé
du laïcisme. Côté palestinien, les gens de Tunis ne sont pas seulement
perçus comme les architectes d'Oslo et d'un nouveau pouvoir palestinien,
mais aussi comme ayant importé une culture occidentale décadente.
Les négociateurs palestiniens du pacte de Genève sont perçus comme
des "laïcs" ou des gauchistes naïfs, tandis que les opposants
à ces accords sont présentés plus aisément comme des musulmans
loyaux. La même polarisation est à l'oeuvre en Israël, précise
Melchior. Le rabbin Eliezer Shakh [ancien guide spirituel du Shas,
décédé en 2001] se distingua longtemps par ses positions de colombe
en s'interrogeant publiquement sur le lien entre le peuple juif
et les Territoires. "Nous avons vécu pendant deux mille ans sans
les Territoires et nous pourrons encore vivre aussi longtemps
sans eux", déclara-t-il un jour. Toutefois, le rabbin Shakh s'opposait
au processus de paix, y voyait un complot ourdi par des "okhlei
shfanim" ("mangeurs de lapins"), une menace pour le judaïsme.
Le dialogue interreligieux entamé il y a deux
ans à Alexandrie ne fait pas la une, et il est difficile d'en
mesurer la portée. Les participants musulmans, dont le cheikh
Tantawi, ont reçu des menaces de mort. La semaine dernière, le
rabbin Melchior a demandé aux dirigeants musulmans palestiniens
s'ils étaient disposés à accepter une souveraineté juive en terre
d'Israël et si la poursuite du dialogue avait un sens. Ses interlocuteurs
lui ont répondu qu'ils acceptaient clairement une telle souveraineté,
que la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies
avait leur aval et que le dialogue pouvait se poursuivre.
Danny Rubinstein
Courrier International 29/01/2004, Numero 691
Cet article est reproduit avec l'accord de Courrier
International.
Piratage du site !
Comme vous avez sans doute pu le constater, le nom
de domaine www.onzeneuf2001.com fait l'objet d'un piratage depuis
quelques semaines. L'hébergeur du site semble à
l'heure actuelle impuissant à changer cette situation,
malgré ma demande. Une plainte est donc déposée
devant la justice française pour ce piratage. Je remercie
les visiteurs et les lecteurs du site de leur compréhension,
et de passer pour le moment par l'adresse www.ifrance.com/onzeneuf2001
Jean-Christophe Grellety - 16 Janvier 2004
Election d'Arnold Schwarzenegger
Arnold Schwarzenegger est donc aujourd'hui élu nouveau
gouverneur de l'Etat de Californie, des Etats-Unis.
En France, la veille de cette élection, l'émission
"Merci pour l'Info" réunissait autour d'Emmanuel Chain une ancienne
gloire de la chanson française, la chanteuse du tube "Chacun fait
ce qui lui plaît", de nationalité américaine et le sempiternel
Jacques Séguéla, le pape des pubards. Emmanuel Chain s'enquiérait
de la perspective de l'élection d'Arnold Schwarzenegger à ce poste
de gouverneur. La chanteuse fit quelques mous et nous fit part
de son sentiment et de son opinion, que l'on peut aisément résumer
par le terme anglais de "bad". Elle fut bien en peine de fournir
la moindre explication - c'était "bad". Quant au Jacques, il prédisit
une victoire de l'ex-acteur, mais pour la regretter et s'en inquiéter,
en raison de la puissance de création mimétique des Etats-Unis
vers le reste du monde. Au cours de l'émission, il ne fut jamais
question du contenu de cette élection.
Car si cette élection vient d'avoir lieu, c'est
que plus d'1 million de Californiens ont accepté de signer une
pétition pour demander le "recall" du gouverneur Gray Davis. Gouverneur
qui a conduit cet Etat à un déficit extraordinaire de 38 milliard
de dollars, pour l'Etat le plus riche des Etats-Unis, qui a pris
des mesures fiscales lourdes pour la classe moyenne, qui a soutenu
l'immigration illégale par une mesure très contestée -cela fait
très "gauche" de soutenir les immigrés, même si, dans la réalité
économique, ils servent le travail au noir, et donc les entrepreneurs
qui, sur leur dos, réalisent des profits plus important encore-,
qui affichait une morgue certaine pour ses opposants. Une large
majorité vient de dire "hasta la vista" à Gray Davis. Et pour
qui ? La presse française parle de Schwarzenegger comme d'un acteur,
voire le désigne même par le nom de l'un de ses rôles, "Terminator".
Le ton, critique, à l'égard de cette candidature et de cette victoire
laisse entendre qu'un acteur n'est qu'un acteur et ne doit pas
sortir de ses rails. La mentalité française actuelle s'exprime
à plein là : antidémocratique, puisqu'il faudrait donc selon elle
réserver les candidatures politiques aux professionnels de la
politique, et antisocial, puisqu'un citoyen n'aurait pas le droit
de connaître plusieurs vies, d'additionner des casquettes différentes,
à la différence de ces professionnels de la politique qui sont
eux souvent des cumulards.
Contrairement à cette hiérarchie de valeurs si détestable,
il faut féliciter les Américains d'être capable de soutenir un
candidat politique pour ce qu'il est et pour ce qu'il propose,
même s'il n'appartient pas aux haras politiques. C'est, faut-il
le rappeler, le sens même de la démocratie : des institutions
dont les élections, régulières, permettent à des citoyens de tous
horizons, d'accéder aux responsabilités de décision et d'influence
collectives. Nous, Français, il est vrai que nous n'avons pas
la chance de bénéficier d'un tel type de candidat. Le profil,
les idées, l'enthousiasme de notre premier ministre parlent d'eux-même…
Le 8 Octobre 2003 - Jean-Christophe Grellety
Censure en France ?
La lettre ci-dessous a été adressée
à des bibliothèques et à des libraires français.
Bonjour,
Il y a quelques jours à peine, les attentats du
11 Septembre 2001 ont fait l’objet de leur deuxième commémoration
internationale – mais surtout américaine. Les médias, la presse,
se sont fait l’écho de quelques parutions récentes consacrées
à ces évènements.
La sélection n’est-elle pas le principe même des
médias, un droit fondamental des journalistes ? Peut-être. Mais
lorsque cette sélection est identique ou presque tous médias confondus,
la sélection devient une censure, comme si les seuls bons livres
étaient édités par les mastodontes Galli-Grasset…, faisaient nécessairement
l’objet de critiques de la part des médias dominants.
Je conteste cette situation et ce présupposé. Je
sais bien sûr n’être pas seul à «subir» une telle situation. Il
me semble seulement que le phénomène «tout le monde en parle»
de la même chose ne cesse de devenir plus prégnant, comme s’il
n’y avait pas de diversité intellectuelle, sociale, dans notre
pays, comme si cette diversité n’avait pas le droit d’être représenté
dans le pouvoir médiatique.
Serait-ce là une imitation du pouvoir politique
? Cet essai n’apporte t-il rien aux débats et à la réflexion générale
qui font suite à ces évènements ? Pour cela, encore faudrait-il
qu’il eut été lu, et critiqué. Cet essai est nécessairement critiquable,
et je suis tout à fait disposé à les écouter et à y répondre.
Mais cet essai propose également des perspectives novatrices sur
les aspects les plus déterminants de ces évènements : l’histoire
des Etats-Unis, celle de l’Arabie Saoudite, celle des dits «monothéismes»,
et enfin les questions religieuses. Je propose des pistes inédites,
plus précisément «inouïes», puisque celles-ci n’ont jamais été
formulées, sur ces évènements, sur l’Islam, sur ces religions,
…
Qu’avons-nous entendu dans les médias et dans la
presse lors de cette commémoration ? Une fois de plus, des informations
de géopolitique, et des spécialistes de géopolitique, comme si
l’intélligibilité des rapports de force Ouest-Orient, ou intra-orientaux,
était la seule perspective intellectuelle sensée et utile. Cet
aveuglement pourrait nous coûter cher.
Je m’adresse donc à vous, professionnels du Livre,
afin de vous faire part de la situation faîte à un essai dont
je veux croire qu’il peut intéresser des lecteurs, des citoyens.
Dans un pays qui se félicite trop souvent de sa «culture» et de
ses «libertés», je constate avec d’autres, dans cette situation,
mais dans bien d’autres, que nos libertés sont bien étroites,
et que l’information culturelle nationale n’est pas à la hauteur
des objectifs déontologiques et civiques.
Sur ce site personnel, je mets régulièrement à l’épreuve
des faits, des suites de ces évènements, les idées développées
dans cet essai. Il n’y a pas un refuge dans une tour d’ivoire,
ni la posture d’un auteur qui aurait tout dit dans un ouvrage.
Cette attitude n’a-t-elle pas d’importance ?
Jean-Christophe Grellety - Septembre 2003
Sur le fil du rasoir
La canicule est autrement plus longue et plus
pénible en Irak qu'en France ! Mais, dans cette nouvelle démocratie
au sein de laquelle il est encore si facile de mourir jeune, les
conditions de vie sont telles qu'on n'a pas encore le luxe de
mourir centenaire ou presque !
Pour les soldats de la coalition, les obligations,
les "tâches" ne sont pas aisées. Dans un pays de 24 millions
d'habitants, les centaines de milliers de soldats irakiens qui,
devant l'inéluctable défaite, ont troqué les habits militaires
pour le "costume" civil, représentent autant de danger. Car même
si une infime minorité de ces soldats démobilisés par une défaite
implacable et par la destruction du régime baassiste, s'engage
dans la lutte contre les soldats américains et anglais, l'expérience
des actes terroristes du 11 Septembre 2001 ou des attentats de
Bali par exemple prouve qu'il suffit d'un tout petit nombre d'hommes
pour causer des dégâts, assassiner en masse, frapper des soldats.
Lorsque les soldats américains ont libéré les pays d'Europe de
l'Ouest en 1945, ils étaient attendus, et, en Allemagne, la dénazification
fut menée avec un sérieux, même "relatif", mais la peur des soldats
de l'Union Soviétique était suffisamment forte pour les vainqueurs
alliés n'apparaissent pas comme des maîtres insupportables.
Rien de tel en Irak : en quelques jours, un régime
apparemment solidement implanté s'est effondré, mais les serviteurs,
zélés, et profiteurs du régime se sont retrouvés orphelins et
privés de leur statut, de leurs appartements, de leurs revenus.
Pour cela, la victoire de la coalition fut et est encore une véritable
catastrophe. Le commandement militaire américain a-t-il suffisamment
pris au sérieux ces quelques centaines ou quelques milliers d'hommes
potentiellement dangereux ? Oui, mais la centaine de milliers
de soldats US ne peut suffire à contrôler de manière sérieuse
et efficace un pays aussi grand et aussi peuplé. Sans compter
que si les pays limitrophes acceptent d'être aussi poreux au passage
de certains de leurs ressortissants vers l'Irak pour alimenter
les groupes terroristes islamistes, les difficultés propres à
l'Irak augmentent drastiquement. Il semble bien dès lors que le
nombre de soldats US soit insuffisant pour répondre à une telle
situation "complexe" puisqu'une part non négligeable de ces soldats
ne travaillent pas aux problèmes de menaces et d'attaques, mais
à la reconstruction du pays, que ce soit pour les infrastructures
pétrolières, électriques, …
Les difficultés des armées de la coalition sont
donc relatives -l'Irak n'est pas et ne peut pas être un nouveau
Vietnam, en raison de caractéristiques spécifiques, comme Bagdad
ne pouvait être un nouveau Stalingrad-, mais elles pourraient
devenir beaucoup plus sérieuses si la reconstruction et la sécurité
de l'Irak et des Irakiens ne font pas l'objet d'un travail et
d'une organisation plus sérieuses de la part des Etats-Unis.
Saddam est-il toujours un vrai lapin après lequel
court les meilleurs soldats d'élite américains ou bien un leurre,
un fantôme, plus-qu'un-nom ? Rien n'est moins sûr. Comme les
adeptes d'Al-Qaeda qui vénèrent leur inspirateur wahhabite, Oussama
Ben Laden, les baassistes les plus farouches ont tout intérêt
à faire croire à la survie existentielle et politique de l'ex-dictateur.
Si le leader charismatique des fanatiques fondamentaliste est
probablement mort, il faut souhaiter nous aussi que le "raïs"
aura survécu car sa capture serait un évènement extraordinaire.
Prisonnier comme n'importe quel criminel, il pourrait être traduit
devant un tribunal pénal spécial, irakien ou international, afin
d'être jugé pour ses crimes, réels ou nombreux. Et enfin, sa possible
capacité de nuisance actuelle, ses…dollars, n'aurait plus de sens.
L'attentat contre les Nations Unies à Bagdad,
le décès de son représentant, Sergio Vieira de Mello, prouve que
les terroristes islamistes peuvent agir dans la capitale même
de l'Irak -5 millions d'habitants pour se cacher…- et qu'ils sont
animés par un racisme anti-occidental, plus large et plus profond
que leur supposé unique "antiaméricanisme". Le récent attentat
en Inde, à Bombay, prouve que cette internationale islamiste vise
bien l'ensemble des pays et des peuples du monde qui ne sont pas
musulmans, impose donc à ces pays et à ces peuples une "guerre"
du Sens qui est totale, sans espace pour fuir. Il faut donc espérer
que ces peuples visés, et notamment les peuples des pays occidentaux,
sauront réagir, par-delà la sécurisation nécessaire et accomplie
des Etats contre ces menées terroristes.
Car il s'agit de "répondre" à ces fanatiques
qui prétendent être des bons musulmans, ce qu'il faut leur refuser,
qui prétendent agir et parler "au nom de Dieu", ce qu'il faut
nier, … Il s'agit donc de s'attaquer aux racines mentales,
psychologiques, philosophiques et morales de leur folie. Sans
cela, les viviers sociaux miséreux offriront des candidats successifs
aux divers projets d'attentats et notamment d'attentats suicide.
La "palestinisation" du monde pourrait être en cours et l'acceptons-nous
? Car le problème israëlo-palestinien reste bien que cette partie
de la planète humaine vit au vrai Far-West, dans la plus grande
liberté possible de l'achat et de l'usage des armes. Ce que nous
ne supportons pas pour nos pays civilisés -droit limité et contrôlé
à la détention d'armes, circulation de gendarmerie- est là-bas,
autorisé, aussi évident que l'air respiré par ceux et celles qui
habitent dans ces régions de la vraie insécurité. Jusqu'à quand
accepterons-nous que les mortifères et les assassins aient, là-bas,
tous les droits ? C'est bien une question qui se pose à la "communauté
internationale", et donc à l'ONU, mais aussi à cette fameuse France,
dont la voix et les idées sont bel et bien, brouillés, …
Fin Août 2003
Tectonique des Plaques...
L'indispensable renversement du régime husseinien
est bien une lame de fond. Le mouvement macro-terrestre ressemble
bien à un tremblement de terre, avec les mêmes effets. En
"Palestine", Israëliens et Palestiniens ont renoué un dialogue,
réel, articulé sur des objectifs et des principes nécessaires
: création d'un Etat palestinien, reconnaissance par les Palestiniens
de l'Etat d'Israël, sécurisation du territoire israëlien. Bien
sur, les extrémistes du Hamas et du Hezbollah disent non, mais
ils disent non depuis les commencement, puisqu'ils sont même fondés
sur la négation, d'Israël, de relations humaines normales, … Pour
qu'un "processus de paix" avance de manière significative en Israël,
ces organisations doivent être marginalisées, avant qu'elles ne
rendent les armes. Sauf que nous avons affaire à des tueurs tenus
et nourris par la haine, assoiffés de sang. Que pouvons-nous faire
face à de tels vampires ?
En Irak, les Soldats Américains se sont enfin
attaqués à ces baassistes qui, défaits par la chute brutale
de la structure du régime, continuent de vivre dans la haine des
Etats-Unis, de l'Angleterre, … Cette "débaassisation" ou "deshusseinisation"
était à priori nécessaire, mais elle n'avait pas été objectivement
formulée et entreprise. L'Irak restera encore pendant quelques
mois un pays dangereux - mais ces Irakiens nostalgiques d'un régime
qui leur donnait tout ne peuvent rien contre la loi de la réalité.
Car ces Irakiens ne sont pas aimés par le reste de la population.
Reste que pour les Etats-Unis, la "démocratisation" de l'Irak,
par son développement social et économique, est un objectif qui
prendra du temps, de la sueur et des larmes, car les "clients"
ne sont pas faciles…
Et en Iran, pays qui symbolise l'islamisme fondamentaliste,
c'est au moment où des milices d'une telle mouvance secouent
le monde à coup d'attentats que la population à majorité perse
de ce pays fait comprendre aux mollahs que l'heure de la fin a
sonné. Mais il ne faut pas croire que là aussi, ceux qui tiennent
le pouvoir, profitent de privilèges et décident de tout pour tous,
vont abandonner ce pouvoir parce que la population le leur demande.
Les Iraniens vont encore souffrir s'ils doivent en passer par
une nouvelle "Révolution", une nouvelle guerre civile pour se
débarrasser de ces tyrans en noir. Et que pourrons-nous pour les
aider ? On connaît la réponse typiquement française, réactionnaire
: rien. Les Américains continueront d'agir, en sous-main ou directement.
Quant à l'Arabie Saoudite, terre du Prophète,
elle se trouve désormais attaquée et attaquée encore. Après
les attentats de Ryad du 12 Mai 2003, 7 personnes ont été tuées
dans la ville sainte de la Mecque ! (…). Si la pieuvre d'Al-Qaeda
est partout dans le monde frappée, "la mondialisation" ouverte
(plus de frontières, circulation aisée des hommes, des marchandises,
…) profite aussi aux terroristes. Mais chacun entend bien que
nous ne pouvons adopter des mesures strictes de "quarantaine"
(à la différence du SARS) pour venir à bout de ces groupes terroristes.
Et pour le reste des libertés ?
Souvenons-nous, de la, fatalité, Orientale.
Des évènements, en fait des drames, en fait des tragédies, du
Moyen-Orient, beaucoup disaient, répétaient, annonaient, il n'y
a rien à faire, c'est ainsi, c'est la fatalité. Lorsque les Etats-Unis
ont prévenu le monde qu'ils allaient en guerre contre l'Irak de
Saddam Hussein parce qu'ils souhaitaient enclencher une dynamique
dans ce Moyen-Orient tétanisé par des dictatures, autocraties,
monarchies, beaucoup disaient que la "mission" était "impossible",
que Georges Bush jr n'avait cure de la Palestine et des Palestiniens,
pris au piège du lobby juif américain. Et puis il y a eu hier
Akaba. Un sommet, en Jordanie, autour d'Ariel Sharon et de Mammoud
Abbas, Abou Mazen, le premier ministre palestinien. Les mains
se sont serrées, les hommes se sont parlés, des mots ont été prononçés
-Etat palestinien, démantèlement de colonies, fin de l'Intifada-,
des engagements sont pris. Bien sûr, il y aura toujours les analyses
de l'éternelle déception : les bonnes intentions pavent l'enfer,
mais c'est l'enfer, et les bonnes intentions n'engagent que ceux
qui les croient (adage chirakien). Et puis il y a les autres :
ceux qui considèrent que le pire n'est jamais sûr, et que les
rapports haineux des hommes ne sont pas fatals. Bien sur, les
années passent, et pendant ce temps, des vies, des hommes, des
femmes, des enfants sont perdus. C'est précisément pour eux, pour
ceux qui sont déjà morts à cause de cette haine réciproque, et,
faut-il le dire, pour ceux qui vont perdre la vie, bientôt, demain,
dans six mois (parce que les terroristes de chacun des deux camps
refuseront la paix) que ce "dialogue" était et est si nécessaire
et si beau. Si beau parce que les camps paraissaient figés dans
le refus de l'existence de l'Autre, parce que les leaders étaient
jugés et se jugeaient extrémistes. Si beau parce que ce dialogue
n'est que prémisses, fragilité. Et que ce dialogue peut, comme
chaque chose fragile, disparaître pour revenir à la banalité qui
n'est pas la fatalité.
Il y a quelques jours, c'est à Ryad, en Arabie
Saoudite, que des kamikazes fondamentalistes islamistes ont
attaqué plusieurs objectifs représentant la présence occidentale
sur le sol natal de l'Islam. Et hier, c'est à Casablanca au Maroc
que des terroristes qui relèvent très probablement de la même
mouvance, voire du même groupe politique, ont attaqué de la même
manière cette même présence. Mais pour la première fois, ces attaques
ont causé des "dommages collatéraux". Des Marocains musulmans
en sont morts. Pour ces terroristes, ces morts sont sans doute
un prix à payer ; ils deviennent à leur tour des "martyrs" comme
eux, et en outre, ils sont d'une certaine manière responsables
de leur propre mort puisqu'ils appartiennent à une nation musulmane
qu'Oussama Ben Laden a décrété "apostate", pire crime religieux
pour un individu ou un peuple puisque cela signifie qu'il a renié
sa foi. A chaque fois, les morts se ramassent à la pelle, les
dégâts matériels sont impressionnants. Les victimes échappent
à la représentation télévisuelle. Elles prennent un sens par leur
nombre.
Cet "interdit de la représentation" choisi et
décidé par des pays…musulmans, est-il justifié et utile dans la
"guerre contre le terrorisme" ? Car nul ne sait ce qu'est
une victime d'un attentat. Chacun suppute, "imagine", habitué
qu'il est par le "cinéma" international, usine à représenter l'irreprésentable,
l'invisible… Mais l'imagination n'est pas le réel précis, particulier.
Quelques jours après un attentat en Israël, France 2 a diffusé
dans un Journal Télévisé de 20 heures un reportage consacré à
une jeune française, juive, vivant en Israël pour y travailler,
dans un bar-restaurant. Des touristes tchèques l'ont filmé, interviewé.
Elle était jeune, belle, drôle, et pas insouciante, car, racontait-elle,
elle avait déjà échappé à un attentat suicide qui avait frappé
une boîte de nuit où elle prévoyait de se rendre avec des amis.
Un retard lui avait sauvé la vie. Mais il y a quelques jours,
elle n'a pas eu cette chance. Un kamikaze a réussi à s'approcher
de ce bar où elle travaillait, et s'est fait exploser. Elle est
décédée, et elle repose désormais dans un cimetière parisien.
Les victimes de ces attentats n'ont pour nous ni nom ni visage.
Nous les condamnons à l'anonymat parce que nous ne savons que
nous ne pouvons pas supporter l'horreur de leur décès, de leur
assassinat, de leurs souffrances. Mais en cela, il est probable
que nous "aidons" les terroristes en relativisant les crimes qu'ils
commettent. Car, certes, une majorité de citoyens occidentaux
se retrouvent sur le consensus de la "lutte contre le terrorisme".
Mais cette lutte contre un Hydre de l'Herne ne
pourra pas longtemps se réduire à des mesures policières et militaires.
Al-Qaeda dispose très probablement d'un vivier : des milliers
d'hommes qui veulent mourir et qui veulent mourir en rêvant d'un
Paradis qui leur serait réservé, un Paradis blanc, rempli de Vierges,
fondé sur le sang de ceux qui, selon eux, vivent dans le "mal".
Ce sont ces racines religieuses qu'il faut connaître et "nettoyer",
ici aussi pour que cela soit possible là-bas aussi. Or, pour l'heure,
ce travail collectif, de conscience du manichéisme, et d'intelligibilité
de l'Islam, n'est pas fait, si ce n'est par des individus séparés,
"atomisés". Or notre Force réside et résidera dans une Intelligence
et une Volonté communes.
Jean-Christophe Grellety - 18 Mai 2003
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"11 Septembre 2001, comme si Dieu
n'existait pas" est donc désormais publié par les Editions
l'Harmattan (au prix de 12€). Vous trouvez la présentation, chapitre
par chapitre, de cet essai philosophique.
Pourquoi un nouvel essai sur les attentats du
11 Septembre 2001 et sur "la religion", la "foi en Dieu" ?
C'est que tout n'a pas été dit, et, mon intuition, que l'essentiel
n'a pas été dit, puisque, comme d'habitude, le monde a repris
sa "vie normale", comme si tout cela n'avait pas eu lieu. Il faut
dire que depuis 1945, l'Humanité vit "comme si" le pire n'avait
pas eu lieu, comme si nous pouvions continuer à vivre avec, en
nous, les racines qui ont conduit à la création et à l'utilisation
des chambres à gaz dans les camps de concentration et d'extermination.
Car l'hyperviolence dissimulée sous le masque d'une indifférence
incarnée par les SS qui surveillaient et faisaient tourner les
camps ne relève pas d'une extra-territorialité. Des enfants puis
des hommes sont devenus des SS, comme des enfants puis des hommes
sont devenus des terroristes d'Al-Qaeda. Et cela devrait susciter
notre étonnement, un long étonnement. Comment des hommes peuvent
perdre le fil sympathique avec leurs frères au point de choisir
la voie du crime, des assassinats de masse, aveugles ? Sur quelle
ignorance vivons-nous pour que certains d'entre nous puissent
un jour ou l'autre prendre les habits du Justicier suprême et
pour cela, tailler dans l'herbe humaine ? Cette ignorance est-elle
le fait seulement de quelques-uns ? Je ne crois pas.
Les peuples, et les Français ne font pas d'exception
"culturelle" à cela, se méconnaissent, pour ne pas dire plus.
Entre nous circulent des images, "les américains", "les arabes",
"les juifs", … L'esprit de généralisation est si facile à convoquer.
Reste que pour fabriquer des terroristes comme un Mohammed Atta,
lettré, il faut en faire plus que critiquer des "méchants". Il
faut opposer des victimes innocentes et relevant d'un Bien enfui,
"transcendant", à des méchants tout-puissant dans ce bas-monde.
Pour cela, la Gnose propose son éternelle solution : le Bien lutte
contre un Mal qui domine la terre. Pleurez, désespérez-vous dans
les chaumières, le monde est mauvais. Mais confronté à un terrible
manichéisme, nous pouvons choisir d'être du bon côté et faire
le bien, en faisant le mal - mais il ne faut pas s'arrêter aux
apparences. Première réussite extraordinaire de ceux qui s'emparent
des esprits : les empêcher de voir ce qui est sous leurs yeux,
de voir et donc de sentir, ressentir. Le fanatique vit dans ses
pensées. Penser, réfléchir, raisonner pourrait donc être mauvais
? Les faits sont là, qui le prouvent. Nous ne sommes donc pas
sortis du labyrinthe du Minotaure puisque c'est ce que nous faisons
aussi. Penser, réfléchir, raisonner, ne suffit pas, encore faut-il
le faire bien. Pour nous guérir de nos tragiques dérives, l'Occident
a inventé "la logique" et l'a imposé dans le cadre des études
de philosophie. Cette vigilance-là, si indispensable, est-elle
cultivée dans les terres des Islams ? Il semble que non, il semble
bien que "la liberté de penser", que les intellectuels n'aient
pas encore pris le dessus sur la parole d'autorité des "hommes
de la Vérité".
Il faut donc conclure que, pour l'heure, presque
deux ans après les attentats du 11 Septembre, une part des racines
qui ont nourri le projet et la volonté criminels d'Oussama Ben
Laden n'a pas l'objet d'une méditation collective sérieuse… Nous
acceptons donc de vivre à côté des bombes. Pour combien de temps
allons-nous accepter de tolérer l'insécurité du manichéisme ?
Jean-Christophe Grellety - Lundi 12 Mai 2003
11 Septembre 2001... le livre :
Le
premier chapitreconsacré à une «nouvelle» Histoire
des Etats-Unis essaie donc de proposer un récit novateur
de cette Histoire afin de dépasser l'image caricaturale
de cette nation cosmopolite telle que les terroristes pouvaient
la ressentir et la décrier et telle que les Européens
et notamment les Français se complaisent à l 'pour
manifester leurs récriminations contre cette hyperpuissance
qu 'ils ne sont pas et qu 'ils auraient voulu être.
Le
second chapitre propose également une histoire
de l 'Arabie Saoudite, la terre natale de la majorité des
terroristes du 11 Septembre 2001, ainsi que du Prophète
vecteur du Coran. L 'appellation unique et récente d 'une
«Arabie Saoudite» masque une diversité et des
conflits que les Occidentaux ignorent bien souvent.
Le
troisième chapitre est consacré à
ce que l 'usage commun désigne sous le terme de «monothéisme»,
et ce dans ses deux versions les plus puissantes et les plus déterminantes
de l 'Histoire européenne et moyen-orientale, le catholicisme
d 'un côté et l 'Islam de l 'autre. Ce chapitre scindé
en deux est l 'occasion de reprendre ces parcours afin de désigner
des impulsions et des prises de décisions qui ne sont pas
assez connues, et qui, pour l 'Islam, aboutissent à créer
une situation originaire de pluralité, des courants, des
dogmes, contraires à l 'inspiration unitaire du Prophète.
Le
quatrième chapitre aborde la problématique
de l 'existence de Dieu face à celle des objets du polythéisme,
du paganisme et de l 'animisme, le pluriel des Dieux. Ce chapitre,
central, permet de commencer un renversement de la «propagande»
publicitaire monothéiste consacrée à la notion
de «religion» et même de monothéisme,
puisque preuve est donnée que le catholicisme et les Islams
relèvent en fait d 'un dualisme manichéen.
Le
cinquième chapitre est consacré aux
problématiques de la représentation et de la connaissance
de l 'âme, y compris à travers les manifestations
animistes ou les doctrines élaborées au sein des
civilisations animistes et polythéistes. Il s 'agit par
là de retrouver une notion archaïque complètement
et mystérieusement abandonnée par les dites «religions
historiques» pour tenter de refonder une «science
de l 'âme».
Le
sixième chapitre aborde les problèmes
concernant les décisions de sens de l 'Humanité,
et la situation générale d 'indécision dans
laquelle vivent la majorité des Occidentaux qui sont responsables
de cette liberté innovante et parfois perdue.
Pour conclure, cet ouvrage propose de s 'engager autant que possible
dans des réflexions profondes sur les affaires religieuses,
théologiques, politiques, philosophiques, à nouveau
frais. La Culture Historique peut et doit nous aider, mais nous
devons impérativement réarticuler de manière
novatrice les faits, les savoirs, les questionnements, dans le
cadre général d 'un objectif d 'unité du
genre humain. Pour cela, il est impératif de dépasser
les oppositions métaphysiques classiques, à l 'instar
du remarquable travail accompli par Peter
Sloterdijk dans la première Oeuvre de sa trilogie,
«Bulles» (Editions Pauvert).
Le site n 'a pas pour
objet de proposer uniquement des extraits de ce travail
en cours de publication, mais également de recevoir
vos textes concernant les domaines liés à ces attentats
et qui font l'objet d'analyses dans mon ouvrage, à savoir
«la» «religion», la foi, la croyance en
l'existence de Dieu, l'âme, les Islams, le Coran, l'Histoire
des Etats-Unis.
Pour publier vos textes, il vous suffit de me les adresser à
l'adresse mail ci-après en n'omettant pas de préciser
vos nom et prénom afin de vous les attribuer comme il se
doit.jeanchristophegrellety@ifrance.com